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Tintamarre des victimes de Habré suite à l’agression de leur président Abaïfouta Clément

Tintamarre des victimes de Habré suite à l’agression de leur président Abaïfouta Clément

07 oct. 2022 105 vues

Les victimes de crimes et répressions de l’ancien président tchadien, Hissène Habré ont organisé un tintamarre ce 06 octobre devant leur association à Ndjamena. Cette réaction est la réponse à l’agression de leur délégué le 05 octobre dernier au palais du 15 par un participant au DNIS. Reportage!

Tintamarre des victimes de Habré suite à l’agression de leur président Abaïfouta Clément
les victimes d'Hissein Habré

C’était vers 16 heures, heure de N’Djamena, Tchad que l’association des victimes des crimes et répressions de Hissène Habré(AVCRHH) a mobilisé quelques membres devant ses locaux. Cette manifestion est une réponse à l’agression de leur représentant au DNIS. Selon le SG de cette association, Koumato David, c’est avec beaucoup d’indignation qu’ils ont  appris  l’agression dont leur président a fait l’objet. C’est bien dommage que l’agresseur soit un conseiller national, regrette-t-il.  A son avis, il essaie de se justifier mais son acte est connu de tous.  « Quand on touche à notre délégué c’est toutes les victimes qui sont touchées. Voilà les raisons de notre mobilisation en ce moment. L’activité de tintamarre n’est qu’un avant-gout. Nous avons d’autres actions d’envergure à venir. Nous ne déballons pas nos stratégies mais aller les découvrir vous-même au fil de temps », exprime-t-il. L’objectif de ce tintamarre assure Koumato David, c’est pour dire au gouvernement de la transition de prendre toutes les prédispositions nécessaires pour la sécurisation de notre association, notre président partant toutes les victimes. Nous n’avons eu aucun centime jusque-là et on nous agresse par-dessus tout, nous n’accepterions pas cela, confie le SG de l’AVCRHH. Ce sont des comportements déplorables, constate-t-il.

Le président de l’AVCRHH Clément Abaïfouta agressé revient brièvement sur son cauchemar.« J’étais allé aux toilettes pour me soulager et du coup je vois un jeune qui fait irruption et m’apostrophe par mon nom d’ailleurs. Il me demande pourquoi je m’acharne contre le rapatriement du corps de Hissène Habré ou bien je vis de cela. Et pourtant il y a eu des victimes sous d’autres régimes pourquoi on n’en parle pas. Je dis non la différence est que nous, nous avons porté plainte et celles dont il fait allusion ne l’on pas fait. Nous sommes en droit de réclamer nos indemnisations après avoir gagné le procès ». La conversation continue, « Alors il me dit sèchement que, je le veuille ou non, le corps de Habré va rentrer dans ce pays et ils me le donneront pour que je mange. Ma réaction tout de suite, je ne suis pas un cannibale. J’ai revendiqué un droit au nom de toutes les victimes de Hissène Habré. Alors il a commencé a me menacer par des injures. Un des cameramen de la télévision nationale était là avec une autre personne se sont mis entre nous pour nous séparer. Ce qui me surprend, il ment en disant que c’est moi qui l’ai agressé », rapporte Abaïfouta Clément.Pour le délégué de l’AVCRHH, il se trouve que son bourreau est un conseiller national supposé être un représentant du peuple qui se comporte de cette manière. Selon lui, Hissène Habré est condamné et on ne peut pas réclamer son corps à tambour battant dans la mesure où il est mort en tant que condamné.

A son avis, qu’on rapatrie son corps ou non cela relève de sa famille mais les victimes réclament simplement leurs indemnisations. « C’est une question de droit et on n’en serait pas là si le gouvernement tchadien et l’Union Africaine nous indemnisaient. Il ne faut pas qu’on instrumentalise les choses tel que je lis sur les réseaux sociaux que je me victimise et je fais de buzz. Ma mission c’est de réclamer les droits des victimes donc je ne contourne rien s’il en est question », affirme M Clément.  Il signifie qu’il ne va pas cesser de revendiquer parce qu’il est menacé ou agressé. Le président de l’AVCRHH promet aux victimes qu’il va continuer à se battre jusqu’à ce qu’ils soient indemnisés.

Opportun Ndokaya

 

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